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Rats dans les égouts : pourquoi leur population explose dans les grandes villes françaises (et comment on agit près de chez vous)

3 sept.
4 min de lecture


Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille... Partout en France, les grandes villes font face au même constat : la population de rats explose. Les services de dératisation municipaux sont de plus en plus sollicités, les signalements d'habitants se multiplient, et le phénomène s'accélère depuis une dizaine d'années. Au niveau national, les interventions de dératisation ont progressé de +35 % en 2022 par rapport aux années précédentes.

Ce n'est pas un hasard : le vieillissement des réseaux d'assainissement, la densification urbaine et des hivers de plus en plus doux créent des conditions idéales pour la prolifération des rongeurs dans nos villes. Et notre région n'est pas épargnée.

Un phénomène bien réel à Lyon et dans le Beaujolais

À Lyon, les estimations parlent de 800 000 à 1 million de rats, soit environ deux rats par habitant. Les opérations de dératisation ont bondi de +50 % entre 2013 et 2015, et une dizaine de secteurs sont aujourd'hui considérés comme des « zones rouges » : Part-Dieu, Guillotière, Bellecour, les berges du Rhône...

Autre donnée frappante : une étude menée par l'Institut Pasteur, VetAgro Sup et l'ANR dans le parc de la Tête d'Or a montré que 26 % des rats capturés étaient porteurs de la leptospirose.

Du côté de Villefranche-sur-Saône et du Beaujolais, le contexte est tout aussi favorable à la prolifération : proximité de la Saône, humidité, axes fluviaux et zones industrielles. Les communes du secteur, avec leurs réseaux d'assainissement parfois vieillissants, présentent des conditions très proches de celles observées à Lyon.

Pourquoi le réseau d'égouts est la clé du problème

Le rat brun (rat d'égout) se déplace principalement... par les égouts. Le réseau d'assainissement constitue son principal corridor de circulation entre les habitations, les commerces et les espaces verts. C'est là qu'il trouve à la fois un abri, de la nourriture et un accès direct à de nombreux points de la ville.

Concrètement, cela veut dire que traiter uniquement en surface (poser des pièges dans un jardin ou un local technique) ne résout qu'une partie du problème : le rat revient, car la population globale continue de se reproduire et de circuler librement sous nos pieds.

Un enjeu de santé publique, pas seulement de confort

Le rat est le principal réservoir mondial de la leptospirose, surnommée la « maladie des égoutiers ». Cette maladie se transmet par l'urine des rongeurs, notamment via l'eau et la boue.

Quelques chiffres à connaître :

  • 600 à 700 cas de leptospirose sont recensés chaque année en France métropolitaine

  • Le nombre de cas a doublé depuis 2014

  • La mortalité atteint 10 à 13 % en l'absence de traitement précoce

  • Depuis août 2023, il s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire

Au-delà de la leptospirose, les rats sont porteurs de 8 zoonoses recensées par l'Anses, dont 3 à déclaration obligatoire. Les professions les plus exposées sont celles qui travaillent au contact des réseaux d'eaux usées et du sol : égoutiers, éboueurs, agents d'assainissement, agriculteurs, mais aussi, plus largement, les riverains des zones les plus touchées.

Pourquoi les rats se multiplient aussi vite

La reproduction du rat est spectaculaire : une seule femelle peut avoir 5 à 7 portées par an, avec 6 à 13 petits par portée. Résultat : entre 40 et 80 descendants par an pour un seul individu, dans des conditions favorables.

Autre facteur aggravant : le réchauffement climatique. Avec des hivers de plus en plus doux, le froid ne joue plus son rôle naturel de régulateur, et la reproduction devient quasi continue toute l'année. Sans intervention ciblée, la croissance de la population est exponentielle.

Une seule bonne réponse : réguler, pas espérer éradiquer

On ne peut pas éliminer totalement les rats d'un territoire urbanisé, ce n'est pas réaliste. En revanche, on peut réguler efficacement leur population en agissant directement là où ils vivent et circulent : le réseau d'égouts.

C'est l'approche que nous développons chez Pest Consult, inspirée des modèles déjà éprouvés par d'autres intercommunalités, comme la communauté d'agglomération Val Parisis, qui organise deux campagnes annuelles avec pose d'appâts dans les regards à chaque nœud du réseau.

Notre méthode repose sur quelques principes simples mais rigoureux :

  • Des blocs rodenticides hydrofuges, conçus pour rester efficaces malgré l'humidité et les écoulements

  • Un positionnement suspendu, hors d'eau, à 15-20 cm du fond des regards, hors de portée des enfants et des animaux domestiques

  • Une cartographie complète des plaques traitées, avec marquage fluorescent pour assurer un suivi total

  • Une alternance de cycles : des phases actives de 3 passages rapprochés, suivies de périodes de repos d'environ 3 mois, pour éviter que les rats ne développent une aversion ou une résistance à l'appât

Cette alternance n'est pas un détail : une pression continue pousse les populations de rats à devenir méfiantes, voire résistantes, ce qui rend les traitements de moins en moins efficaces avec le temps. Le repos permet au contraire de restaurer l'attractivité de l'appât.

Que faire à votre échelle ?

Si vous constatez la présence de rats près de chez vous, en surface ou dans vos canalisations, ce n'est jamais un phénomène isolé : la source se trouve presque toujours dans le réseau environnant. Les bons réflexes :

  • Ne pas laisser de nourriture ou de déchets organiques accessibles à l'extérieur

  • Signaler rapidement toute présence visible auprès des services concernés

  • Faire réaliser un diagnostic professionnel plutôt que de multiplier des solutions ponctuelles et inefficaces

Chez Pest Consult, nous intervenons aussi bien auprès des particuliers que des collectivités, avec une approche méthodique, traçable et respectueuse de l'environnement immédiat. Un besoin, une question, une infestation qui persiste ? N'hésitez pas à nous contacter pour un diagnostic.



 
 
 

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